Ce mardi 26 août, l’espace culturel Ngoma a vibré au rythme de la 15ᵉ édition du festival Ngoma, mettant à l’honneur l’art ancestral du conte. L’événement a été marqué par la prestation envoûtante du collectif Yampa Création, venu tout droit de Kinshasa, qui a su captiver un public fidèle et enthousiaste.
Dans une ambiance électrique, les spectateurs ont été transportés par deux récits puissants, oscillant entre drame et légèreté, où la langue soigneusement maîtrisée a retenu chaque souffle de l’auditoire.
Le premier conte, Ntianta et la tentation des eaux, narre l’histoire d’un jeune homme en quête de reconnaissance.
Petit-fils d’un pêcheur mythique capable de nourrir tout un village, Ntianta, lui, ne réussissait jamais à attraper plus de cinq poissons.
Méprisé et rejeté par la belle Tullia, il croise un soir la mystérieuse Mami-Wata, divinité aquatique. Un pacte avec cet esprit des eaux lui apporte richesse et gloire, mais aussi orgueil et infidélité.
En trahissant sa promesse, Ntianta est victime d’une lente déchéance : son corps se putréfie sous l’effet d’une morsure de serpent. Abandonné et seul, il s’éteint dans la douleur, illustrant une morale implacable : celui qui trahit sa parole se détruit lui-même.
Le deuxième conte, Mandja, le chasseur humilié, mêle drame et grotesque, déclenchant rires et frissons dans la salle.
Mandja, jeune chasseur audacieux, ose draguer la fille d’un roi qui exige mille têtes de vaches en dot. La tentation pousse Mandja à violer la princesse avant de fuir. Très en colère, le roi met 100 têtes de vaches pour la personne qui pourrait capturer Mandja pour son exécution.
En fuite dans un village voisin, Mandja apprend le décès de son père. Aîné d’une famille de six enfants dont il est l’unique garçon, il se voit dans l’obligation de rentrer dans son village natal pour enterrer son père.
Mais comment y retourner ?
Obligé de revenir au village pour enterrer son père, Mandja décida de trouver un féticheur pour qu’il fasse oublier au roi les crimes qu’il avait commis à la princesse.
Malheureusement cette première tentative ne marche pas. En deuxième alternative, et pour prouver son innocence, il conclut un pacte étrange : il accepte de perdre ses attributs masculins.
De retour au village, blanchi par cette mutilation, il tente plus tard de les récupérer. Mais l’erreur du fils du féticheur fait réapparaître le sexe de Mandja… sur son front. Tragédie et dérision s’entremêlent dans ce récit, qui suscite à la fois stupeur et rires nerveux.
L’histoire nous renseigne également que le célèbre chasseur Mandja a eu des enfants avec une femme, et dont le grand public présent dans la salle ne cesse de se demander comment a-t-il fait pour donner des enfants à une femme.
Deux histoires racontées par Sonville Monkwe
Devant ce grand public, Sonville Monkwe a captivé la salle avec ces deux contes narrés. Sanvil est un artiste comédien, conteur et dramaturge.
Il est également directeur artistique de « Yampa Création« , une structure basée à Kinshasa.
Cette structure organise des festivals internationaux des créations artistiques (FICRA) mais est également coordinatrice dudit festival.

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