L’ancien commissaire provincial de la police au Nord-Kivu, Eddy Mukuna, a été condamné à 24 mois de prison par la Haute Cour militaire pour fuite devant l’ennemi, dans le cadre du procès des officiers supérieurs accusés d’avoir abandonné leurs positions face à la rébellion du M23.
Contexte du procès
- La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo (RDC) a ouvert en mars 2025 un procès très médiatisé contre plusieurs officiers supérieurs des FARDC et de la Police nationale congolaise, accusés d’avoir abandonné leurs postes lors des combats contre le M23 à Goma et Bukavu.
- Parmi les prévenus figurait Eddy Mukuna, ancien commissaire provincial de la police au Nord-Kivu, qui avait pris ses fonctions en août 2023.
- Les audiences se sont déroulées à huis clos, en raison de la sensibilité des informations militaires en jeu.
Les charges retenues
- Mukuna et d’autres officiers étaient poursuivis pour “fuite devant l’ennemi”, un crime militaire grave qui implique l’abandon de positions stratégiques et de biens de l’État au profit des rebelles.
- Selon l’accusation, cette défaillance aurait facilité l’avancée du M23 et compromis la sécurité des populations locales.
- La Haute Cour militaire a estimé que Mukuna portait une responsabilité directe dans la perte de contrôle de certaines zones, ce qui justifie sa condamnation.
La condamnation
- Le verdict a été rendu fin novembre 2025 : 24 mois de prison ferme pour Eddy Mukuna.
- Cette peine, bien que relativement courte au regard de la gravité des faits reprochés, marque une volonté de la justice militaire de sanctionner les défaillances dans la chaîne de commandement.
- D’autres officiers impliqués dans le même dossier attendent encore leur jugement, certains risquant des peines plus lourdes.
Réactions et enjeux
- La condamnation de Mukuna suscite des débats au sein de la société congolaise :• Certains y voient un signal fort contre l’impunité des hauts gradés.
- D’autres estiment la peine trop clémente, compte tenu des conséquences humaines et sécuritaires de la fuite devant l’ennemi.
- Ce procès illustre la fragilité des institutions sécuritaires face aux offensives du M23 et la nécessité de restaurer la discipline militaire.
- Sur le plan politique, il s’agit aussi d’un message adressé aux forces de défense : l’abandon de poste ne sera plus toléré.
La condamnation d’Eddy Mukuna à 24 mois de prison par la Haute Cour militaire s’inscrit dans une série de procès visant à responsabiliser les officiers supérieurs face aux défis sécuritaires du Nord-Kivu. Si cette décision marque une avancée dans la lutte contre l’impunité, elle soulève aussi des interrogations sur la capacité de l’État à réformer durablement ses forces armées et policières, dans un contexte de guerre persistante contre le M23.

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