Uvira, 9 décembre 2025 — La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) connaît une nouvelle escalade dramatique. Depuis 16h, des centaines d’officiels, policiers et civils ont fui en masse vers le Burundi via la frontière de Kanvinvira, tandis que des unités des Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par des combattants Wazalendo et Mai-Mai, se sont dirigées vers le port de Kaludu pour tenter de rejoindre Kalemie par voie lacustre.
La chute de Sange
La cité de Sange, dans le territoire d’Uvira (Sud-Kivu), est tombée lundi sous le contrôle du mouvement armé M23/AFC après de violents affrontements avec les FARDC. Les rebelles ont simultanément pris le camp militaire stratégique de Kabunambo, entraînant un retrait précipité des troupes loyalistes.
Ce revers militaire a provoqué une panique généralisée parmi les forces de sécurité et la population locale.
Fuite vers le Burundi
Selon des témoins, la frontière de Kanvinvira a été submergée par un flot de policiers, militaires et civils cherchant refuge au Burundi. Ce phénomène rappelle les épisodes de février 2025, lorsque plus de 600 éléments de la Police nationale congolaise et des FARDC avaient déjà traversé la frontière avant d’être rapatriés à Uvira quelques jours plus tard.
Cette répétition des fuites met en lumière la fragilité des dispositifs sécuritaires congolais face aux offensives rebelles.
Repli vers Kalemie
Parallèlement, des unités FARDC-Wazalendo et Mai-Mai ont pris la direction du port de Kaludu, espérant rejoindre Kalemie par le lac Tanganyika. Ce mouvement traduit un repli stratégique mais aussi une désorganisation des forces loyalistes, incapables de contenir l’avancée du M23 dans le Sud-Kivu.
Conséquences régionales
- Afflux de réfugiés au Burundi : Les autorités burundaises doivent gérer un nouvel afflux de personnes fuyant les combats, ce qui risque de raviver les tensions transfrontalières.
- Crise de confiance : La population congolaise exprime une profonde indignation face à la fuite des forces censées assurer leur protection.
- Risque d’extension du conflit : La prise de Sange ouvre un corridor stratégique vers Uvira, menaçant d’élargir le front rebelle.
La débandade des forces congolaises au Sud-Kivu illustre l’ampleur de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Alors que le M23 consolide ses positions, la fuite des officiels et des forces de l’ordre vers le Burundi et Kalemie révèle une armée fragilisée et une population livrée à elle-même. La communauté internationale est appelée à suivre de près cette évolution, qui pourrait redessiner l’équilibre sécuritaire dans la région des Grands Lacs.

Journaliste| Editeur Responsable|+243816669900
